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Réflexions à propos de
« Quelle histoire !
»
Il y a trois maisons numérotées 19, 21
et 23. Un berger, un policier et un assasin, de nationalités
différentes, habitent dans ces trois maisons de couleurs différentes.
Le policier habite au numéro 23 et sa maison n'est pas rouge. La maison
rouge est à côté de la maison bleue mais pas à côté de la maison jaune.
L'italien habite dans la maison rouge. Le français, qui, n'est pas
berger, habite à côté de l'assassin.
(IUFM Orléans Tours 2003)
Cet exercice n’a pas de consigne. Tous les
élèves, sans exception, y compris les meilleurs, se
lancent dans la résolution du problème. Attitude induite
par l’école qui exige une mise au travail et du
résultat ? Besoin d’agir pour réduire
l’angoisse face à une masse d’informations qui donne
le vertige? Surtout que le faire apporte immédiatement des
satisfactions. L’ordre de présentation des informations
suit le raisonnement logique qui permet d’avancer. On pose les
trois numéros de maisons. On sait que le policier habite la
maison 23 qui n’est pas rouge. La maison rouge n’est pas
à côté de la maison jaune dont elle n’est pas
au milieu. Donc la maison rouge est de numéro 19, à
côté de la bleue qui est de numéro 21 et la jaune
est au numéro 23. L’italien habite la maison rouge de
numéro 19. Le français n’est pas berger et pas
l’assassin (puisqu’il habite à côté)
donc le français est policier dont on sait depuis le
début qu’il habite le 23. A côté il y a
l’assassin qui est au 21 et le berger est donc au 19. A ce moment
les élèves sont désarçonnés car il
manque une nationalité. Les élèves en
difficulté pensent avoir manqué un raisonnement. Ils
s’attribuent d’office la responsabilité de la
défaillance. Les élèves habitués à
réussir ont le sentiment du travail inachevé. Cela les
gène. Mais ils rebondissent vite et s’aperçoivent
qu’il manque un renseignement dans le texte et découvrent
qu’il n’y pas de consigne. Etait-ce bien cela qu’on
attendait d’eux ? Et si tout simplement on leur demandait de
trouver qu’il manque un renseignement ?
En fait, on touche là un des défauts du système
éducatif français qui est de toujours proposer des
problèmes ayant une solution, où toutes les informations
nécessaires sont données et où il faut appliquer
une méthode enseignée. On n’habitue pas les
élèves à douter de la faisabilité. Or dans
la vie courante ou professionnelle c’est souvent un passage
obligé et préalable. On n’habitue pas les
élèves à partir en recherche d’informations
à l’extérieur du cadre, à lever des
ambiguïtés, à explorer des possibles, à poser
des hypothèses, à élaborer des stratégie,
à anticiper des conséquences, à évaluer un
résultat…
Plutôt que multiplier les réformes bureaucratiques de
l’Education Nationale, il serait plus judicieux de conduire une
réflexion sur ces thèmes afin d’amener les
enseignants à rapprocher leurs conceptions et pratiques des
besoins cognitifs de la vie quotidienne et professionnelle dans une
Société soumise à des mutations profondes.
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