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La relation à l'autre |
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Tout le monde sait à quel point, Piaget a influencé les
choix pédagogiques du système éducatif français.
Nul ne contestera le rôle primordial que ce psychologue a tenu dans
la compréhension du développement de l'intelligence. Mais
là où son uvre était empreinte de doutes et
d'interrogations multiples, souvent, l'utilisation qui en a été
faite est devenue dogmatique, sans prise en compte des lacunes théoriques
inhérentes à tout travail de recherche. Une expérience illustre bien cette lacune 1ère phase de l'expérience :
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L'expérimentateur présente à l'enfant de cinq ans les deux rangées de quatre billes et lui pose la question suivante : "Y a-t-il le même nombre de billes dans chaque rangée ou y a-t-il une rangée qui en contient plus que l'autre ?" 2ème phase de l'expérience : L'expérimentateur se livre alors, sous les yeux de l'enfant, à la manipulation qui conduit à cette nouvelle disposition :
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L'expérimentateur repose alors la même question et l'enfant
répond : " la deuxième rangée" Piaget en conclut que le concept de nombre n'est pas acquit à
cinq ans. Malheureusement, Jacques Melher et Tom Bever dans la revue "Science"
de 1967 montrent que cette expérience fonctionne bien avec un enfant
de deux ans. Y aurait-il régression entre deux et cinq ans ? Dans l'expérience décrite par Piaget, tout laisse penser qu'en réalité l'enfant ne comprend pas que la personne qui fait la transformation pose une question dont manifestement il connaît la réponse. L'enfant ne raisonne pas par rapport à la situation problème, mais sur l'intention cachée de l'expérimentateur. On sait maintenant que très vite l'enfant se construit une théorie de l'esprit, qui lui permet d'interpréter les comportements des humains qui l'entourent. Le psychologue américain, Jérôme Bruner, dans son livre " car la culture donne forme à l'esprit", relève chez le bébé une prédisposition, probablement innée, à porter une attention soutenue à l'interaction humaine : échange de regards, de rires, donner, demander Il semble bien que l'acquisition des connaissances et le développement de l'intelligence soient très dépendants de la qualité de la relation humaine avec les adultes qui entourent l'enfant. Comme si l'intelligence s'attrapait par contagion auprès de semblables déjà "malade" de l'intelligence. Nous, enseignants, savons bien qu'il ne suffit pas de mettre l'enfant seul devant une situation pour qu'il construise automatiquement une compréhension congruente à la culture dans laquelle il baigne. De même, ce n'est pas en "faisant" uniquement que l'on apprend. C'est en étant attentif à l'action et au dire de celui qui sait que l'on apprend, que l'on se construit une représentation mentale de la situation et de l'action. "Faire" n'est qu'une des modalités pour tester sur le monde extérieur la représentation que l'on s'est construite. C'est la construction de la représentation mentale qui est prioritaire. C'est par l'interaction avec celui qui sait que se construit une connaissance de type culturel et qui donc renforce la relation humaine au sein du groupe. Il y a là un cercle vertueux : une bonne relation humaine renforce l'émergence de compréhension commune qui facilite la relation humaine. L'existence d'un potentiel d'intelligence chez chaque élève,
qu'elle que soit sa situation actuelle, nous amène à porter
une attention positive à ce qu'il fait. Cet intérêt
positif projeté sur l'élève lui donne le sentiment
d'exister pour quelqu'un. Prendre en considération ce qu'il dit,
lui montrer qu'il a une richesse en lui, modifie radicalement la relation
humaine. Peu à peu des comportements négatifs et exaspérants,
qui n'étaient souvent que des mécanismes de défense
identitaires, vont s'estomper. |
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