Quatrième de couverture :

Un livre dérangeant ! Ne respectant décidément aucune idée reçue, Gould s'en prend ici à notre image d'une nature dont l'histoire serait régie par une logique de progrès. L'évolution, montre-t-il, n'est pas cette inéluctable marche vers une complexité et une subtilité croissante qui, partant des formes les plus simples, culminerait triomphalement par l'apparition de ce chef-d'oeuvre, l'Homme. C'est en vérité la notion de progrès dans toute sa généralité qui est mise à l'épreuve par cet essai original, certainement l'une des oeuvres majeures de l'auteur et une importante contribution à la culture contemporaine.
A l'aide d'exemples tirés des sciences naturelles (grandeur et décadence des chevaux), de son expérience personnelle (sa lutte victorieuse contre une maladie grave) et de l'histoire sportive (la prétendue baisse de niveau du base-ball), Gould nous montre l'impossibilité d'interpréter correctement l'évolution de tout phénomène si l'on prend en compte tout l'évantail de ses variations. Ainsi, réduire l'histoire de la vie à celle des organismes les plus complexes est gravement méconnaître la nature même de la théorie de l'évolution, et la portée radicale de la vision darwinienne.
La forme de vie dominante sur Terre (et peut-être ailleurs ?) est, a toujours été et restera, celle des bactéries. L'apparition d'une vie intelligente et consciente n'était ni nécessaire, ni prévisible. Loin de nous décevoir, cette contingence de l'existence humaine, ainsi révélée par la science, ne fait qu'en réhausser la grandeur.

L'auteur

Stephen Jay Gould, professeur à l'université Harvard, enseigne la géologie, la biologie et l'histoire des sciences. Il est l'un des chefs de file de la nouvelle théorie de l'évolution et l'un des plus vulgarisateurs de notre époque. Il prend, de par ses nombreux ouvrages ( Comme les huit doigts de la main, La Foire aux dinosaures, La Vie est belle, etc.), une part décisive au partage du savoir contemporain et à la réflexion sur ses enjeux sociaux et moraux.

Commentaire personnel

Et si nous tentions de repenser nos conceptions sur l'Evolution ? Il n'y a ni "Création" ni "Dessein" soit disant intelligent. Il y a le hasard.
Si, donc, nous testions notre rapport à la nouveauté ? Suis-je capable de me mouler dans la pensée de l'autre même quand celle ci s'oppose à ma "vérité" ? Suis-je capable, comme un acteur, d'épouser provisoirement la personnalité d'un autre sans pour autant me sentir psychologiquement menacé ? Suis-ja capable de garder en mémoire une idée qui ne s'accorde pas au reste de ma pensée ? C'est-à-dire d'activer les processus neuronaux de la mémorisation même quand les circuits de récompense sont malmenés ?
Suis-je capable de conduite de détour pour atteindre un objectif ? Par exemple accepter d'étudier les statistiques des scores du base-ball, ou réfléchir au Théorème de l'Ivrogne pour comprendre des mécanismes mathématiques très abstraits qui permettrons ensuite d'élaborer une vision de l'Evolution radicalement nouvelle.
C'est typiquement la situation d'apprentissage que connaissent nos élèves. Soyons modeste. Comprenons que leurs difficultés à apprendre sont souvent le reflet de mécanismes mentaux qui les dépassent mais sur lesquels nous pouvons agir.