Stanislas Deheaune
"La bosse des maths"
Odile Jacob
Quatrième de couverture :
Vivre, selon Boris Cyrulnik, c'est être fasciné,
ensorcelé, possédé par les autres. En
s'appuyant sur des exemples très concrets, il retrace
minutieusement la généalogie du monde humain. Il
analyse l'hypnose, cette fascination que nous exerçons sur
les autres ou les autres sur nous ; le leurre, cet objet qui sature
notre sensorialité et épuise nos
désirs ; l'empathie, cette capacité que nous
avons de nous mettre à la place de l'autre ; la bouche, ce
lieu d'interprétation de l'extérieur et de
l'intérieur où s'articulent les sons
créateurs d'un monde symbolique ; le signe enfin, qui
engendre un monde proprement humain, dédoublé en
un en-deçà des sensations et des perceptions et
un au-delà des croyances et des représentations.
L'enjeu de ce livre est de comprendre notre place dans
le vivant, comment nous en procédons et comment nous en
émergeons. "L'homme est le seul animal capable
d'échapper à la condition animale."
L'auteur
Boris Cyrulnik, Psychiâtre, psychanaliste,
responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique
à l'hopital de Toulon. Il enseigne l'éthologie
humaine à l'Université du Var.
Commentaire personnel
Avec ce livre nous abordons les ressorts profonds de la
pensée humaine. C'est en prenant appui sur ces processus de
base que nous construisons du sens. Là encore nous n'aurons
pas de réponse immédiate aux interrogations et
angoisses qui étreignent l'éducateur. Mais cette
conduite de détour nous ouvrira de nouvelles pistes de
réflexion. Par expérience personnelle je peux
dire que Boris Cyrulnik m'a aidé à comprendre les
enfants en situation d'apprentissage dans le cadre scolaire. Un telle
évolution personnelle prend du temps. Le cheminement de la
pensée dans notre tête d'éducateur,
engoncé des certitudes d'autrefois, est lent. Devons nous,
ici, faire l'éloge de la lenteur ? Mais Boris Cyrulnik ne
répond-il pas lorsqu'il écrit : "Il faut un
décalage temporel pour laisser émerger une
représentation, comme il faut une différence
sensorielle pour créer dans l'organisme une sensation
d'événement. L'imperfection devient source
d'évolution biologique et de représentation
mentale." Tout est dit.
J'ai bien apprécié le chapitre
trois : "l'artifice."
A signaler également une description de la
personnalité hypo frontale dans le premier paragraphe "le
corps" section "Au bonheur des lobotomisés". Cela ressemble
au comportement de certains de nos élèves.
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