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Quatrième de couverture : Vivre, selon Boris Cyrulnik, c'est être fasciné, ensorcelé, possédé par les autres. En s'appuyant sur des exemples très concrets, il retrace minutieusement la généalogie du monde humain. Il analyse l'hypnose, cette fascination que nous exerçons sur les autres ou les autres sur nous ; le leurre, cet objet qui sature notre sensorialité et épuise nos désirs ; l'empathie, cette capacité que nous avons de nous mettre à la place de l'autre ; la bouche, ce lieu d'interprétation de l'extérieur et de l'intérieur où s'articulent les sons créateurs d'un monde symbolique ; le signe enfin, qui engendre un monde proprement humain, dédoublé en un en-deçà des sensations et des perceptions et un au-delà des croyances et des représentations.

L'enjeu de ce livre est de comprendre notre place dans le vivant, comment nous en procédons et comment nous en émergeons. "L'homme est le seul animal capable d'échapper à la condition animale."

L'auteur

Boris Cyrulnik, Psychiâtre, psychanaliste, responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hopital de Toulon. Il enseigne l'éthologie humaine à l'Université du Var.

Commentaire personnel

Avec ce livre nous abordons les ressorts profonds de la pensée humaine. C'est en prenant appui sur ces processus de base que nous construisons du sens. Là encore nous n'aurons pas de réponse immédiate aux interrogations et angoisses qui étreignent l'éducateur. Mais cette conduite de détour nous ouvrira de nouvelles pistes de réflexion. Par expérience personnelle je peux dire que Boris Cyrulnik m'a aidé à comprendre les enfants en situation d'apprentissage dans le cadre scolaire. Un telle évolution personnelle prend du temps. Le cheminement de la pensée dans notre tête d'éducateur, engoncé des certitudes d'autrefois, est lent. Devons nous, ici, faire l'éloge de la lenteur ? Mais Boris Cyrulnik ne répond-il pas lorsqu'il écrit : "Il faut un décalage temporel pour laisser émerger une représentation, comme il faut une différence sensorielle pour créer dans l'organisme une sensation d'événement. L'imperfection devient source d'évolution biologique et de représentation mentale." Tout est dit.

J'ai bien apprécié le chapitre trois : "l'artifice."

A signaler également une description de la personnalité hypo frontale dans le premier paragraphe "le corps" section "Au bonheur des lobotomisés". Cela ressemble au comportement de certains de nos élèves.