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médiation cognitive |
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Médiatriceséance n°1
Avoir
toujours à l’esprit :
réfréner son attitude explicative
centrée sur le contenu et son obsession de
résultat. Ne jamais expliquer ni valider une
réponse mais ne pas laisser s’installer une
démarche fausse. Procéder uniquement par
questionnement et utiliser la pensée divergente au sein du
groupe. Puisque notre but est
d'apprendre aux élèves à frayer dans
leur mémoire il peut être intéressant
d'installer un climat de calme, de silence, où les
entrées sensorielles s'éteignent, un peu comme
sur le divan d'un psychanalyste. Nous pouvons instaurer un rituel de
concentration : La fiche élève est
posée devant lui, sur la table et à
l’envers. L’élève a les mains
posées à plat sur la table, les doigts
écartés. Dire lentement et à voix
basse : « On ne bouge plus, on ne parle plus, on sent
l’air frais dans ses narines, on sent un picotement au bout
de ses doigts, vous regardez la fiche posée devant vous. Une
figure de géométrie se cache au verso de cette
feuille. Quand je vous le dirai, vous la retournerez et vous poserez
vos yeux dessus. Des idées vont alors vous venir
à l’esprit, laissez vous aller, n’ayez
pas peur. La figure va peu à peu envahir toute votre
tête, vous ne penserez plus à rien
d’autre. Allez-y retournez la feuille» Observez les yeux des élèves. Il y
ceux dont les yeux restent fixés sur la
feuille ; ils ne bougent plus, ils ne regardent plus le monde
extérieur, c’est leur regard intérieur
qui a pris le dessus, la figure est mentalisée,
c’est cette image mentale, que maintenant le cerveau regarde.
Et il y a ceux dont les yeux décrochent de la feuille, ils
regardent ailleurs, la figure n’a pas frayer loin en
mémoire, leur pensée s’est
épuisée très vite, alors le cerveau
n’étant plus stimulé par la figure, il
part en recherche d’autres stimuli dans le paysage
environnant. Ce sont ces élèves
là qu’il faut cibler dans le dialogue, en les
ramenant sur la figure et en pilotant leur pensée.
Venons en aux exercices. "Voir" c'est-à-dire avoir l'image mentale de la médiatrice du segment. Outil indispensable pour auto vérifier ses traçages aux instruments. Ici on fera tracer à main levée pour observer l'image que l'élève a en tête et, en cas d'inexactitude, poser des questions sur le milieu et l'orthogonalité. Ne jamais corriger soi même. La correction est à faire dans la tête et cela personne ne peut le faire de l'extérieur. Seul l'intéressé peut modifier ses représentations mentales mais le monde extérieur peut l'y inciter et le guider sans plus. Observer comment l'élève identifie
les médiatrices. Vérifier la prise d'appui sur
les informations codées. Puis laisser un "blanc" pour le
frayage en mémoire par démarche
déductive. Iront-t-ils jusqu'au cercle circonscrit au
triangle ABC ? Verront-t-ils que O est sur la médiatrice du
segment [AC] ? Il faut inciter à avancer dans
l'imperçu le plus loin possible, sans question trop
guidante. Se référer au questionnement
Ericksonien du genre : "et alors?" "Que sait-on encore ?" ou
répéter simplement ce qu'un
élève vient de dire pour en faire un tremplin de
réflexion. Si l'objectif de contenu ne semble pas
à portée ne pas insister pour éviter
le sentiment d'incompétence. Il y aura d'autres
séances pour avancer. L'idée de Zone Proximale de
Développement de Vygotsky est essentielle ici. Ayez l'image
de l'élastique. Il faut tirer pour qu'il s'allonge mais si
vous tirez trop fort vous cassez. Même problématique que pour l'exercice précédent mais en modalité verbale. On travaille avec l'image mentale uniquement. Ne laissez pas les élèves dessiner sur la feuille. "Voir" A l'endroit, à l'envers. Nous avons la médiatrice il faut retrouver le segment. Mentaliser uniquement. Faire placer le point à main levée. Observer le résultat. Agir comme à l'exercice n°1. Cet exercice est de la plus haute importance. Il permet de voir si l'élève est prisonnier de l'image ou s'il est dans le savoir codé. Le dessin est faux par rapport aux informations codées. Une réflexion sur ce thème est obligatoire. C'est une des grandes sources d'échec scolaire. Ne pas faire un "prêche" moralisateur mais guider pour que le groupe énonce lui même la règle de conduite à adopter en telle circonstance. Le but n'est pas d'obtenir que l'élève se soumette à une règle mais de l'amener à adhérer à une règle. N'espérons pas de résultat immédiat. Un élève peut bien raconter et ne pas en tenir compte dans ses actes. Il faut certainement des mois, et peut être des années, pour que ce que l'on sait passe dans les actes. Il y a des déclics que l'on n'arrive pas à maîtriser dans le passage du savoir conscient au savoir inconscient.
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